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Work IQ : ce que Copilot lit vraiment, et comment préparer vos connaissances

Ce qu’est Work IQ dans Copilot, ce qu’il lit, comment s’appliquent les droits d’accès et ce qu’une base de connaissances doit offrir pour être bien lue.

Work IQ est la couche de Microsoft 365 qui donne du contexte à Copilot et aux agents IA. Elle lit vos e-mails, vos réunions, vos conversations Teams et vos fichiers, elle sait qui travaille avec qui, et elle fournit aux agents des outils pour chercher dans ces contenus et agir dessus. Chaque requête s’exécute au nom de la personne connectée : une réponse ne s’appuie que sur ce que cette personne peut déjà ouvrir. Microsoft a présenté Work IQ en novembre 2025. Les développeurs peuvent aussi y connecter leurs propres agents.

Pour qui gère les connaissances d’une organisation, une chose compte plus que le reste : Work IQ lit ce que l’organisation a écrit, mais ne vérifie pas si c’est juste, à jour ou approuvé.

Ce qu’est Work IQ

Microsoft ne présente pas Work IQ de la même façon selon le public. Les descriptions ne se contredisent pas. Mises bout à bout, elles montrent une fonction de Copilot qui devient une plateforme ouverte à d’autres agents.

DateOùComment Microsoft le décrit
Novembre 2025annonce de la conférence Ignitetrois couches : vos données de travail, la mémoire de votre façon de travailler, et l’inférence qui relie les deux
Mars 2026article "A closer look at Work IQ"trois couches : les données, le contexte, les compétences et outils
Septembre 2026présentation de Work IQ pour les développeursquatre briques : conversation, contexte, outils et espaces de travail, accessibles à d’autres agents par des protocoles standard

Concrètement, Work IQ fait trois choses. Il trouve les contenus utiles pour une question, en cherchant le sens plutôt que les mots exacts. Il retient la façon dont chacun travaille : les projets, les interlocuteurs, les consignes données à Copilot. Enfin, il donne aux agents un petit nombre d’outils pour lire et modifier les contenus de Microsoft 365.

Copilot est l’assistant à qui vous parlez. Work IQ est ce qui lui dit qui vous êtes et où se trouve votre travail. Un développeur peut aussi utiliser Work IQ sans passer par l’application Copilot : via un serveur MCP, une API, ou un outil en ligne de commande publié par Microsoft sur GitHub. MCP, le Model Context Protocol, est une norme ouverte grâce à laquelle un assistant IA se connecte à un système externe et utilise ses outils.

Ce que Work IQ lit, et ce qu’il ne lit pas

D’après la documentation développeur de Microsoft, Work IQ peut raisonner sur :

  • les e-mails ;
  • les réunions et les agendas ;
  • les documents dans OneDrive et SharePoint ;
  • les messages Teams ;
  • les personnes et l’organigramme ;
  • les plans Microsoft Planner ;
  • les résultats de la recherche interne de l’entreprise.

La présentation générale y ajoute les données métier de Dynamics 365 et de la Power Platform. L’article de Microsoft consacré à Work IQ (en anglais) précise que Work IQ exploite aussi les signaux liés à ces contenus : qui travaille avec qui, à quelle fréquence, sur quels sujets.

Deux familles de contenus lui échappent. D’abord, tout ce que la personne connectée ne peut pas ouvrir. Ensuite, les contenus des outils extérieurs à Microsoft 365, sauf si l’organisation connecte ces outils. Microsoft propose deux types de connecteurs Copilot (en anglais), et Copilot Studio ouvre une troisième voie : un agent peut se connecter à un serveur MCP. Les trois ne fonctionnent pas de la même manière :

Où restent les contenusQuels droits s’appliquentQui le fournit
Connecteur synchronisécopiés dans l’index de votre Microsoft 365chaque élément garde les droits de sa sourceMicrosoft, un partenaire ou vos développeurs
Connecteur fédérédans l’outil d’origine, lus en direct via MCPl’utilisateur se connecte à la source avec son propre compteMicrosoft, ou un partenaire approuvé par Microsoft
Serveur MCP ajouté à un agent Copilot Studiodans l’outil d’origineselon le serveur ; avec OAuth, le compte de l’utilisateurla personne qui crée l’agent

La troisième voie ne profite qu’à l’agent auquel le serveur a été ajouté. Les deux premières profitent à Copilot Chat et à Copilot dans les autres applications, pour les utilisateurs à qui l’administrateur les ouvre.

Reste une dernière limite. Les pages de Microsoft que nous avons lues expliquent comment Work IQ trouve les contenus pertinents. Aucune ne dit comment il juge qu’un contenu est encore valable. Une procédure de 2019 que personne n’a retirée peut encore remonter à côté de celle qui l’a remplacée.

Comment les droits d’accès s’appliquent à une réponse

Work IQ agit sous l’identité de la personne qui pose la question. La documentation de l’API est claire : les requêtes s’exécutent dans le contexte de l’utilisateur connecté, et une application ne peut pas utiliser Work IQ sous sa propre identité. Un moteur de règles contrôle chaque requête. Microsoft indique que Work IQ respecte les droits existants, les étiquettes de confidentialité et les règles de prévention des pertes de données. Dans son article de mars 2026, l’éditeur s’engage aussi à respecter le RGPD et l’EU Data Boundary, son périmètre de données européen.

Work IQ ne crée donc aucun accès : il rend visibles ceux qui existent. Un site SharePoint ouvert à toute l’entreprise par erreur passait souvent inaperçu dans un moteur de recherche. Un agent qui répond aux questions en fera remonter le contenu. C’est pourquoi Microsoft fournit aussi des outils aux administrateurs SharePoint, dont une vue des agents qui accèdent aux contenus SharePoint (en anglais).

Quand une équipe connecte un agent Copilot à sa base de connaissances, la première question qu’elle nous pose est presque toujours la même : les droits SharePoint s’appliquent-ils encore ? Oui. Les contenus Microsoft 365 sont filtrés selon les droits Microsoft 365, et les contenus d’un outil connecté selon les droits de cet outil, comme le montre le tableau ci-dessus. Dans Copilot Studio, Work IQ est par ailleurs en lecture seule par défaut : c’est à un administrateur d’activer l’écriture.

Ce que la compilation des connaissances change pour les documents d’une équipe

Le 14 octobre 2026, Microsoft a annoncé une base de connaissances d’équipe dans SharePoint (en anglais), en préversion Frontier, son programme d’accès anticipé. Les membres de l’équipe y versent des contenus : e-mails, messages, réunions, fichiers. À partir de ces contenus, Copilot rédige des pages Markdown reliées entre elles et les range dans une bibliothèque, sur un site SharePoint. Microsoft nomme ce mécanisme le moteur de compilation des connaissances de Work IQ. Notre article sur la base de connaissances d’équipe de Microsoft détaille la fonction elle-même.

Les travaux de recherche sur lesquels elle s’appuie sont publics. Un article publié le 29 septembre 2026 (en anglais), signé par des chercheurs de Microsoft et du KAIST, décrit une "carte du corpus". Dans leur conception, elle est construite une seule fois, avant toute question. Pour chaque entité citée dans au moins deux documents, une personne ou un produit par exemple, elle comporte une page qui résume les faits et renvoie vers chaque document source. L’agent suit ensuite ces liens au lieu de refaire une recherche dans les documents bruts à chaque question. Sur trois jeux de test publics, les auteurs obtiennent de meilleures réponses, avec moins de texte lu, qu’en laissant l’agent chercher dans les documents bruts.

Pour qui gère les connaissances, la compilation change trois choses.

  1. Une page compilée est un nouveau document. Personne ne l’a écrite ligne à ligne. Il faut donc un responsable pour la vérifier, la corriger et trancher quand elle est fausse.
  2. Les sources évoluent après la compilation. Microsoft annonce une curation automatique et continue pour plus tard. En attendant, ce sont des personnes qui tiennent les pages à jour, avec l’aide de Copilot.
  3. Une page compilée rassemble ce qui était dispersé. Les auteurs le signalent eux-mêmes : une carte du corpus peut regrouper des informations privées ou sensibles jusque-là éparpillées dans de nombreux documents. Ils proposent de construire une carte par niveau de droits. Avant d’ajouter une source, vérifiez qui peut lire le site qui hébergera les pages compilées.

Ce qu’une base de connaissances doit offrir pour que Copilot la lise correctement

Dans son annonce, Microsoft écrit que Copilot et les agents donnent leurs meilleurs résultats sur des contenus bien gouvernés. Voici ce que cela veut dire en pratique, que vos connaissances soient dans SharePoint ou dans un autre outil.

  1. Un sujet par page. La carte du corpus suit cette règle : chaque page traite d’une seule chose et renvoie aux autres. Un agent a du mal à citer correctement un manuel de 40 pages qui couvre dix procédures. Dix pages courtes aux titres clairs ne posent pas ce problème.
  2. Un responsable désigné sur chaque page. Un agent ne peut indiquer à qui s’adresser que si la page le dit. Ce responsable doit figurer dans un champ que l’agent sait lire, pas dans un pied de page.
  3. Une date de revue. Un agent ne peut pas savoir qu’une procédure est périmée si la page ne le dit pas. Une date de revue ou d’expiration lui donne un repère à vérifier.
  4. Un texte lisible par un agent. Microsoft a construit sa base de connaissances sur des fichiers Markdown, qu’il présente comme adaptés aux agents : du texte simple, avec des titres, des listes et des liens. Un PDF scanné ou une présentation perd souvent cette structure en route.
  5. Des droits qui correspondent aux contenus. Faites le ménage dans les sites trop ouverts avant de connecter quoi que ce soit. Quand des contenus sont regroupés, la page qui en résulte ne doit pas être lisible par plus de monde que ses sources.
  6. Une connexion qui respecte vos règles. Pour les contenus déjà dans Microsoft 365, il n’y a rien à connecter. Pour un autre outil, choisissez l’une des trois voies décrites plus haut, et vérifiez que le responsable et la date de revue accompagnent bien le texte.

Un exemple concret : des procédures avec un responsable et une date de revue

Prenons une équipe de support informatique qui tient ses procédures dans Elium, la plateforme européenne de gestion des connaissances que nous développons. L’équipe crée un agent dans Copilot Studio. Elle y ajoute Work IQ, pour que l’agent lise les e-mails liés aux tickets et les notes de réunion. Elle ajoute aussi Elium comme serveur MCP, avec une connexion OAuth, pour que l’agent lise les procédures. Notre page sur la connexion des agents Microsoft 365 à Elium décrit la mise en place.

Un technicien demande comment restaurer une boîte aux lettres. L’agent cherche dans les procédures à partir du sens de la question, puis lit l’article le plus proche. Elium le lui renvoie en Markdown, avec son responsable, sa date de revue ou d’expiration et son statut d’approbation, comme l’explique notre documentation MCP. Chaque requête s’exécute avec les droits Elium du technicien.

Un article dont la date d’expiration approche : un bandeau affiche la date et un bouton pour le revoir

Si la date de revue est dépassée, l’agent peut le signaler dans sa réponse et nommer le responsable. Le technicien obtient les étapes, et sait s’il peut s’y fier. Les contenus Microsoft 365 gardent leurs droits Microsoft 365, les contenus Elium leurs droits Elium. Si vous réfléchissez à la façon dont SharePoint et une plateforme dédiée peuvent fonctionner ensemble, notre comparaison avec SharePoint détaille les différences.

FAQ

Questions fréquentes

Work IQ est la couche de Microsoft 365 qui donne à Copilot et aux agents IA le contexte de votre travail : e-mails, réunions, conversations, fichiers et collègues. Il trouve les contenus utiles d’après le sens de la question, retient votre façon de travailler et donne aux agents des outils pour agir. Chaque requête s’exécute avec les droits de la personne connectée.

Quand vous posez une question à Copilot, Work IQ cherche, d’après le sens de la question, dans les contenus Microsoft 365 auxquels vous avez accès. Il y ajoute ce qu’il sait de votre travail, vos projets et vos interlocuteurs par exemple, et transmet le tout au modèle d’IA qui rédige la réponse. Les agents peuvent aussi appeler Work IQ directement, via son serveur MCP ou son API.

Copilot est l’assistant à qui vous parlez, dans Copilot Chat, Word, Outlook ou Teams. Work IQ est la couche qui, derrière lui, connaît le contexte de votre travail. Un développeur peut utiliser Work IQ sans l’application Copilot, pour donner le même contexte à ses propres agents.

Oui. Selon Microsoft, les utilisateurs disposant d’une licence Microsoft 365 Copilot ont accès à Work IQ dans Copilot Chat en mode Travail, ainsi que dans Copilot pour Word, Excel, PowerPoint et Teams. Pour l’utiliser dans un agent que vous créez, ajoutez Work IQ comme outil dans Copilot Studio, où il est en préversion. Les agents personnalisés y accèdent par la facturation à l’usage, que les administrateurs gèrent dans le centre d’administration Microsoft 365.

Oui. Les requêtes s’exécutent au nom de l’utilisateur connecté : une réponse n’utilise que les contenus que cette personne peut déjà ouvrir. Work IQ respecte aussi les étiquettes de confidentialité et les règles de prévention des pertes de données. Il ne corrige pas les droits trop ouverts : un agent trouvera un contenu qu’un site partage avec tout le monde.

Seulement si votre organisation les connecte. Un connecteur synchronisé copie les contenus dans l’index de votre Microsoft 365. Un connecteur fédéré les lit en direct via MCP. Un agent créé dans Copilot Studio peut aussi se connecter à un serveur MCP, comme celui que propose une base de connaissances.

Par où commencer

Choisissez une question à laquelle votre équipe répond chaque semaine. Retrouvez la page qui donne la réponse et vérifiez trois points : qui en est responsable, quand elle a été revue pour la dernière fois, et qui peut la lire. Posez ensuite la même question à Copilot et comparez sa réponse avec la page. L’écart entre les deux est votre premier chantier.

Sources

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